Mardi 19 janvier 2021 s’est ouverte la fashion week masculine pour la 2ème fois consécutive exclusivement en digital et sans public.

Et si la crise sanitaire annonçait une déshumanisation programmée du monde la mode ?

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La Paris Fashion Week masculine, qui a démarré ce mardi 19 janvier, est déjà unique.

Les restrictions sanitaires et l’interdiction des rassemblements ont poussé organisateurs et créateurs à innover et à s’adapter. Pour cette seconde année sans public, les courts-métrages ont suppléé cohue et podiums, les mails ont sabordé les carnets d’invitations, enfin les journalistes et retransmissions télévisuelles ont été remplacés par une plateforme Internet

Pour autant, pas question de sacrifier à toutes les traditions, cette Fashion Week continue donc de regrouper les plus prestigieuses maisons de couture telles que Louis-Vuitton ou Dior. De même, Qui dit Fashion week, dit exposition et pour cela la cité des sciences et de l’industrie a dû innover en présentant son exposition « Jean » au public de manière virtuelle, afin de respecter les réglementations gouvernementales.

Les efforts effectués par l’ensemble des acteurs de la mode pour maintenir cet événement démontrent de l’importance que peut avoir ce dernier dans notre quotidien. Et ce, d’autant plus à Paris, où l’enjeu est de préserver la réputation de la capitale de la mode, et de maintenir un semblant de normalité, dans une actualité qui ne l’est pas. Ce secteur, comme beaucoup d’autres, est durement touché par la crise sanitaire, par conséquent maintenir un tel événement entretient l’espoir de sauver une économie précaire et en danger. Alors comme tous, le monde de la mode s’efforce de trouver des solutions.

Cette digitalisation de la Fashion Week pose également la question de l’après. Si on ne peut mesurer les traces que la Covid laissera sur notre société on peut d’ores et déjà se questionner sur ses conséquences.

L’éloignement, l’hyper-robotisation, l’accélération du virtuel pourrait laisser un impact important dans notre vie quotidienne et dans les différents secteurs.

Imaginez un monde où les mannequins pourraient être remplacés par des prototypes dont l’expression, la tenue et la taille pourraient être modifiées aussi rapidement qu’en quelques clics. Un monde où le logiciel permettrait de décider du sourire ou de la tristesse conforme aux attentes d’un créateur amusé par la facilité que cela procure.

La déshumanisation est un débat au coeur de notre société et le monde de la mode ne saurait y échapper. Parce que n’importe quelle crise nous pousse à trouver des solutions et modifier nos habitudes, cette réalité pour l’instant imagée ne semble plus si métaphorique. Si les revenus financiers continuent de s’amoindrir alors une solution robotique où le versement de salaires et la conclusion de contrat n’existent plus apparaîtrait comme vitale au maintien économique et pourrait s’installer dans l’air du temps.

Il y a une certitude que la crise nous a donnée, c’est que la présence d’un mannequin sur un défilé n’est plus, selon les mesures gouvernementales, considérée comme essentielle. Cependant, le divertissement, le partage des émotions et des sentiments sont parties prenante des relations humaines qui sont en danger.

Cela amène sur le débat de la société dans laquelle on souhaite vivre et sur laquelle on souhaite vous interroger.

Article écrit par Jeremy Brandalac

 

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